SILENCIEUX

Les Silencieux Parlent :
Ils sont parmi nous, cachés ou en retrait. Ils nous voient, nous ne les regardons pas. Ils nous parlent, certains avec les yeux, d’autres avec leurs mains ou avec leurs têtes; nous ne les entendons pas. Ils ont le tort d’être différends parce qu’ils sont, paraît-il, ‘anormaux’; parce qu’ils ne sont pas comme nous.

Nous les avons condamné à rester incultes, ‘sauvages’ et ignorants. Nous les avons assujettis au sous-développement mental et physique. Ils ont un cerveau, des mains, des pieds et un corps que nous avons muselé. La société a accepté de s’amputer de cette frange d’hommes, de femmes et d’enfants jugés ‘inutiles’ jusqu’à les considérer comme une charge lourde à porter par nous. Qu’ont-ils fait ? On dit qu’ils sont anormaux. Qu’est-ce qu’être anormal ? Être différent de ce qu’on a l’habitude de voir. Mais quelle anormalité et quelle différence ? Une anormalité et une différence innocentes et paisibles; sans nuisance ni turbulence; sans cris ni larmes voyantes. Ils sont simplement nés différents de la majorité qui a défini ce qu’est la normalité. Ils sont mal accueillis par nous, la société qui se croit parfaite, condition définie par des critères absurdes de ce qu’est un être normal. Pourtant, ces oubliés voient grand notre défaut, notre énormité et ils ne les dénoncent pas.

Notre société se présente humaine, sociale, et juste; protectrice et bienveillante sur les faibles. Elle le fait la plupart du temps au nom de l’islam jamais au nom de l’humanisme et de l’humanité. Pourquoi les néglige t-elle au point d’avoir honte de les montrer. Qu’ont-ils fait pour être condamnés à ne pas sortir, ne pas recevoir de visites, ne pas être défendus, ne pas défendre leur cause eux-mêmes. Cette société ne leur donne pas le droit de s’exprimer. Leurs crimes, ils ne parlent pas comme nous, ils ne voient pas les choses comme nous; ils ne sont pas ‘beaux’ paraît-il, comme nous ; ils ne s’énervent pas, paraît-il comme nous; ils ne vont pas à la mosquée , comme une majorité inhumaine. Pourtant, ils sont toujours souriants pas comme nous; ils sont doux, pas comme nous.

Ils étaient condamnés sans jugement, certains dès leur naissance, d’autres quelques jours ou quelques mois après. Ils n’ont commis aucun crime, ni enfreint aucune la loi du village ou de l’état. On entend dire par des bruits qu’une telle famille a un, deux handicapés. Leurs parents ont jugé et décidé , seuls, de la sentence ; ils sont condamnés à être cachés à vie. On a peur des ‘on dit’; d’être considérés comme des damnés de Rebbi. On les a condamnés, sans avoir le droit de se défendre.

On leur a inculqué et appris qu’il était normal, qu’on ne sort pas, quand on est anormal; on ne doit pas être vus par les autres. On doit se cacher, plutôt être caché, parce qu’il fera honte à la famille. Ils n’ont même pas le droit de visite, ni le droit de sortie un jour, ils sont condamnés à mourir dans l’anonymat. Parce qu’on va dire que Rabbi a puni cette famille. On exprime sa miséricorde à la famille et on la plaint. Cette famille se retrouve seule face à son ‘rejeton’.

Ils se sont habitués à leur vie, ils la pensaient normale jusqu’au jour où ils découvrent qu’il y a d’autres personnes que leurs parents.
Saïd HAMICHI

Dalila ARIBI AMAROUCHE* : mon fils est autiste, j’ai changé mon comportement, pour lui.

J’étais là, à le regarder, impuissante car je ne connaissais rien sur l’autisme. Je ne savais pas comment l’aider, ni même communiquer avec lui …. Avant le diagnostic, j’avais remarqué chez mon fils Yanni certaines de choses que j’estimais un peu étranges ( bouger ses mains d’une manière répétitive, pas une ou deux fois maisLire la suite « Dalila ARIBI AMAROUCHE* : mon fils est autiste, j’ai changé mon comportement, pour lui. »

MOHAND TIGRINE : quand ses deux anges, Aïcha et Djamila, surmontent ses handicaps.

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